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Protéger le Québec des contournements religieux : la laïcité ou le chaos 

16 mars 2026

Protéger le Québec des contournements religieux : la laïcité ou le chaos

Le nouveau projet de loi québécois sur la neutralité marque une avancée significative vers un cadre laïque plus cohérent. En réaffirmant un État dégagé de toute influence religieuse comme base de l’intégration, en renforçant les règles pour ceux qui accompagnent les nouveaux arrivants, en étendant la neutralité religieuse aux milieux de la petite enfance subventionnés, en réduisant progressivement le financement des écoles confessionnelles et en clarifiant les pratiques religieuses dans l’enseignement supérieur, le Québec trace une ligne nette. À cela s’ajoute un encadrement plus strict des accommodements religieux, ce qui offre enfin des repères administratifs moins vulnérables aux pressions communautaires.

 

Ces mesures vont dans une direction essentielle : protéger l’espace public contre les injonctions identitaires, garantir aux enfants un environnement réellement neutre et assurer aux citoyens des services publics impartiaux. Elles envoient également un message clair à ceux qui utilisent la religion comme levier politique : les règles de la vie commune ne sont pas négociables au gré de prescriptions particulières.

 

C’est pour cette raison que la laïcité demeure la seule voie viable. Sans un cadre ferme, les normes religieuses — souvent présentées comme de simples « pratiques culturelles » — trouvent toujours un moyen de contourner les lois civiles. Elles exploitent les zones grises, profitent des hésitations administratives et cherchent à imposer des habitudes qui n’ont pas vocation à s’inscrire dans un État moderne. Lorsqu’une société laisse ses lois s’incliner devant des règles cultuelles, ce n’est pas la diversité qu’elle protège, mais sa propre fragilisation.

 

L’intégration repose donc sur un principe simple : ceux qui rejoignent le Québec s’inscrivent dans les lois du territoire, et non l’inverse. Accueillir ne signifie pas revoir ses fondements ; accueillir signifie offrir un cadre stable auquel chacun peut se rattacher sans confusion.

 

Sur ce point, certaines dispositions mériteraient encore d’être renforcées. Restreindre uniquement les menus entièrement religieux dans les écoles est insuffisant : il faut exclure tous les menus dictés par des prescriptions cultuelles pour éviter les contournements et assurer une gestion claire. De la même manière qu’un établissement scolaire ne doit pas devenir un lieu de culte, il ne doit pas être soumis à des règles alimentaires religieuses.

 

La laïcité québécoise n’est pas un luxe : c’est une nécessité publique. Elle garantit que la loi civile reste la seule référence commune, préserve l’égalité et protège l’espace collectif des pressions qui cherchent à le fragmenter. C’est ainsi qu’un territoire se tient debout, sûr de lui et accueillant à la fois.

 

Kamel Bencheikh 

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