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Quand une communauté prend la place du commun 

10 août 2026

Il faut regarder l’affiche du festival halal attentivement.

Elle ne dit pas simplement « festival de cuisine halal ». Elle proclame : « Le plus grand festival halal du Québec » et, plus loin, « Where community comes to life ». La communauté devient ici le sujet, le principe du rassemblement et presque une identité politique. C’est précisément ce qui me dérange.

Que des musulmans mangent halal, se réunissent et organisent un événement privé, rien de plus légitime. Mais pourquoi faudrait-il transformer une prescription religieuse en marqueur collectif et en événement communautaire occupant l’espace public ? Le problème n’est donc pas le halal. Le problème, c’est la communautarisation.

Et soyons cohérents : si nous trouvons formidable que les appartenances religieuses se multiplient sous forme de festivals, il faudra avoir l’honnêteté de ne pas nous indigner lorsque ces mêmes appartenances réclameront davantage de visibilité dans la rue, des espaces particuliers ou des prières publiques.

On ne peut pas applaudir le communautarisme lorsqu’il est festif et le découvrir soudainement lorsqu’il devient revendicatif.

Le Québec mérite mieux qu’une société où chacun vient célébrer sa communauté à côté des autres.

La diversité, oui. La fragmentation, non.

Et la laïcité devrait précisément servir à nous rappeler une chose simple : dans l’espace commun, nous sommes d’abord des citoyens.

 

Kamel Bencheikh 

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