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Le Québec et la loi commune 

1 juillet 2026

Le Québec a accompli ce que peu de sociétés ont réussi : bâtir un espace public où aucun citoyen n’a à s’effacer devant la religion d’un autre. Cette conquête, fruit d’une longue histoire, s’appelle la laïcité. Elle garantit à chacun la liberté de croire, de ne pas croire ou de changer de conviction, sans que l’État ne favorise aucune foi.

Choisir le Québec, ce n’est pas seulement s’établir sur un nouveau territoire. C’est rejoindre une nation qui s’est dotée de règles communes fondées sur la primauté du droit, l’égalité entre les femmes et les hommes, la démocratie et la neutralité religieuse de ses institutions. Ces principes ne sont pas négociables, car ils assurent la cohésion de la société.

L’immense majorité des immigrants comprend parfaitement cette réalité et participe pleinement à la vie québécoise. Elle apprend le français, travaille, contribue à la prospérité collective et respecte les lois. C’est précisément cette intégration réussie qui fait la richesse du Québec.

En revanche, lorsque des groupes militants cherchent à obtenir des adaptations permanentes des institutions publiques pour satisfaire des prescriptions religieuses particulières, la question dépasse le simple exercice des libertés individuelles. Une démocratie ne peut voir ses règles communes redéfinies au gré des revendications communautaires sans fragiliser son unité.

La laïcité ne combat aucune religion. Elle protège toutes les croyances en les plaçant sur un pied d’égalité devant l’État. C’est parce qu’elle refuse tout privilège religieux qu’elle demeure le meilleur rempart contre les divisions identitaires et les pressions communautaires.

Le Québec n’a pas à renoncer à ce qui fait sa force pour accueillir ceux qui choisissent d’y vivre. L’intégration suppose un engagement réciproque, mais elle ne peut conduire à remodeler les fondements de la société d’accueil. Les convictions religieuses relèvent de la sphère privée. Les institutions publiques, elles, doivent rester fidèles à un seul principe : la loi civile, commune à tous.

La laïcité québécoise est bien plus qu’un principe juridique. Elle est une promesse de liberté, d’égalité et de paix civile. C’est elle qui permet à des citoyens d’origines, de cultures et de croyances différentes de former un seul peuple, uni non par une religion, mais par des valeurs communes

Kamel Bencheikh 

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